L’huile Noire – Troisième Partie

Première Partie – Seconde Partie – TROISIEME PARTIE – Quatrième Partie

III – L’HUILE NOIRE & LE MYSTÈRE TUNGUSKA …

« The largest single cosmic event in the history of civilization »
Dixit Fox Mulder – Épisode 4X09 : Tunguska

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Nota : Étant donnée l’abondance de détails, je vous conseille de prendre le temps de consulter les divers documents (photos, graphiques…) pour comprendre et vous représenter toute la portée de l’événement de 1908…
Préambule.

En 1908, le cœur de la Sibérie orientale fut le témoin d’une grande explosion. On pense aujourd’hui qu’un météoroïde (*) de plusieurs dizaines de mètres de diamètre explosa en altitude, engendrant un souffle et des effets magnétiques qui, comme nous allons le voir, dévastèrent tout sur leur passage dans un périmètre bien délimité.

Pendant plus de 80 années les chercheurs de la Tunguska (ou Toungouska en français) pataugèrent littéralement dans l’incertitude. L’événement fit couler beaucoup d’encre mais généra également un monumental flot d’erreurs dans l’interprétation des faits.

Les meilleures comme les plus mauvaises sources d’information scientifiques proviennent de Russie pour la simple raison qu’ils ont prospecté le site et étudié le problème seuls durant plus d’un demi-siècle. Parmi les auteurs ayant le plus apporté à la résolution de cette énigme et démontré le plus grand nombre d’hypothèses, citons en particulier les professeurs A. E. Zlobin et I. S. Astapovich tout en rendant hommage au travail de pionnier réalisé par L. A. Kulik dès 1927.

L’événement de la Tunguska représente à merveille le genre de mystère que les chercheurs aiment résoudre, leur apportant ce défi et cette aventure qui excitent leur sens critique, les mettant au défi de dévoiler un des mystères de dame Nature.

(*) l’Union Astronomique Internationale définit un METEOROÏDE comme un objet interplanétaire, dérivant des astéroïdes ou des comètes dont la masse se situe entre 10^-9 et 10^8 kg, soit plus grand qu’une molécule et plus petit qu’un astéroïde. Pas mal d’objets peuvent donc correspondre à cette définition !

Pour agrandir l’image cliquez ici !
http://www.astrosurf.com/lombry/Images/meteorite-bolide-figure.jpg

Météoroïde, météore, bolide et météorite
Classification de l’Union Astronomique Internationale (U.A.I.)

Météoroïde :
objet dont la masse est comprise entre 10^-9 et 10^8 kg ou dont le diamètre est inférieur à 1m.
Il circule à plus de 85 km d’altitude

Météore :
météoroïde dont la traînée hydrodynamique provoque une trace lumineuse entre 50 et 85 km d’altitude

Bolide :
météore laissant une trace lumineuse (de magnitude inférieure à –4) entre 12 et 80 km d’altitude
avec ou sans explosion (airburst) dans l’atmosphère

Météorite :
Le météoroïde percute le sol

Photographie / TH-BO

Géographie de Tunguska.

Tunguska est une région se trouvant aujourd’hui dans le district d’Evenkia, un site reculé en plein cœur de la Sibérie Orientale à quelques centaines de kilomètres des villes de Irkoutsk et Tomsk. L’endroit est traversé par la rivière « Podkammenaya Tunguska » (la Tunguska de pierre ou Tunguska supérieure). Le lieu ne mériterait aucune attention tant il est isolé de toute civilisation. Il est habité par les Tungus, un peuple d’indiens tribal élevant des rennes et vivant de chasse. Le climat est froid, les orages violents, la nature omniprésente et les dieux parfois hostiles…


Le site de Tunguska aujourd’hui… intégré au district d’Evenkia
Photographie / CCN et TH-BO



Le site se situe par 60°53’09 » N et 101°53’40 » E
Photographie / CCN et TH-BO

Le 30 Juin 1908 ou l’apocalypse selon les Tungus.

Pour les Tungus (ou Evenkis), le 30 Juin 1908 restera une date funeste où Agdy, le vieil homme, le dieu du tonnerre, apporta le malheur sur Terre. Dans leur culture le tonnerre se manifeste à travers des oiseaux semblables à des oies noires qui survolent la terre et dont les yeux brillent comme des éclairs. On dit que les vieux shamans foncièrement mauvais amis du tonnerre et possédant son pouvoir, appellent parfois Agdy pour punir un groupe de chasseurs ou même tout un clan en proie à des guerres tribales ou refusant de se soumettre à son autorité.

Ce jour là, vers 7h du matin une « légion interminable de Agdy » survola le clan de Shanyagir et apporta le malheur sur de nombreuses familles.

Dans le village de Nizhne-Karelinsk, distant de 360 km de Tunguska, les paysans ont observé un objet très brillant et blanc-bleuté, trop brillant pour être observé à l’œil nu, voler assez haut au-dessus de l’horizon Nord-Ouest. Le ciel était clair excepté un petit nuage sombre près de l’horizon vers lequel se dirigeait l’objet. L’atmosphère était chaude et sèche. L’objet tomba verticalement durant dix minutes. Il avait une forme cylindrique. Quand il approcha du sol on aurait dit qu’il fut pulvérisé et à sa place se forma un immense nuage de fumée noire.

Une explosion comme jamais ont en avait entendu de mémoire d’homme retentit. Son écho fut perçu jusqu’à 1000 km de distance ! Au même instant, à exactement 0h14m28s T.U. un séisme très important par sa durée et de magnitude 5 fut enregistré jusqu’au Etats-Unis, dont l’épicentre se situait en plein cœur de la Sibérie orientale.


Les secousses séismiques consécutives au cataclysme de Tunguska
Fragment de séismogramme obtenu à l’observatoire de Irkoutsk
En haut les oscillations Est-Ouest, en bas les oscillations Nord-Sud, les plus importantes
Photographie / I. P. Pasechnik

Les paysans de Nizhne-Karelinsk entendirent un bruit lourd, pas un bruit comme le tonnerre, mais comme si de grosses pierres dévalaient ou comme un coup de feu. Toutes les habitations furent secouées et au même moment, une langue fourchue de flammes perça les nuages. La vielle femme pleura, tous imaginaient que la fin du monde approchait.

Sur les lieux, toute la forêt d’Irkoutsk, sur 45 km² avait été bouleversée : 60 millions d’arbres étaient couchés radialement sur le sol, brûlés comme des allumettes, autour d’une zone centrale où tout fut pratiquement incinéré. A quelques kilomètres de là, les arbres étaient décapités ou carrément éclatés comme de vulgaires pailles !


Sous l’onde de choc les arbres ont été couchés dans la direction du souffle sur 4000 km²
La zone de l’épicentre a, quant à elle, été totalement incinérée (Photographie réalisée en 1908)
Photographie / Smithsonian Institute



La zone de l’épicentre
Site de Tunguska / Expédition Kulik Mars 1927
Photographie / N. A. Strukov – Publication 1928



Ce qu’il reste d’une forêt située au Nord de l’épicentre
Site de Tunguska / Expédition Kulik Mars 1927
Photographie / N. A. Strukov – Publication 1928



Une forêt soufflée à 20 km au sud de l’épicentre
Site de Tunguska / Expédition Kulik Mars 1927
Photographie / N. A. Strukov – Publication 1928



En vert, distribution des arbres soufflés ou brûlés par l’onde de choc autour de l’épicentre
Ici, le schéma baptisé « papillon » réalisé par W. H. Fast à partir de données recueillies en 1967, 1976 et 1983
Le trait rouge représente l’azimut de 160° à partir du Nord
La trace en fer de cheval (l’étrier noir) représente le cône formé par l’onde de choc ballistique qui suivit l’explosion
Photographie / ORC

A moins de 20 km de l’épicentre les 600 à 700 rennes de Vasiliy Dzhenkoul furent instantanément réduits en cendres, les chiens furent brûlés vifs, toutes les tentes des nomades furent brûlées ainsi que tous les stocks de nourriture et de bois. Les équipements placés sur les établis furent détruits. L’incident se répéta chez son frère Ivan qui résidait à 25 km au sud-est et qui perdit 200 rennes. Du troupeau d’Andrey Onkoul 250 rennes s’évanouirent dans la nature sans laisser de trace.

A 30 km de l’épicentre, un vieux chasseur Lyuburman mourut sous le choc, deux autres furent projetés en l’air et l’un d’eux se retrouva à 12 mètres de là puis fut jeté contre un arbre ! Il succomba à ses blessures. Les tentes s’envolèrent « plus haut que la forêt » tandis que les gens qui dormaient à l’intérieur souffrirent d’ecchymoses. Certains furent blessés par la chute des sapins ou restèrent inconscients plusieurs jours. Tous les « tepees » du camp de la famille Lachakugyr furent renversés. Au nord de l’épicentre, S. Dronov resta inconscient deux jours, tout son troupeau de rennes fut tué sous le choc et son habitation fut brûlée.

A 40 km au sud de l’épicentre les nomades furent contusionnés sous le choc ou frappés d’horreur. Le fermier Sergi Semenov qui se trouvait sur le portail d’un magasin de Vanavara situé à 92 km au sud de l’épicentre se rappelle que le ciel se déchira et qu’au-dessus des forêts situées du côté nord le ciel semblait enflammé. A cet instant il sentit une chaleur intense comme si ses vêtements prenaient feu. Les habitants entendirent une détonation dans le ciel et une fracassante explosion. Semenov fut projeté sur le sol et traîné sur 6 mètres et perdit conscience. Le vent était devenu chaud, le sol et toutes les habitations tremblaient, les plafonds s’écroulaient et toutes les fenêtres furent brisées. Le feu était si intense que les habitants ne pouvaient pas rester sur place.

A 600 km de là, une locomotive dû interrompre sa course, les rails se soulevant sous l’onde de choc. L’onde traversa la Sibérie occidentale puis toute l’Europe et atteignit Potsdam près de Berlin 6h plus tard, à 5h 54 local.

En quelques secondes l’ancienne taïga fut rasée dans un rayon de 45 km dans une zone comprise entre les rivières Chamba, Zhilushmo et Khushmo et le sol se crevassa sous l’onde de choc. Face à de tels événements les habitants furent pris de panique et s’enfuirent dans toutes les directions laissant tous leurs effets personnels derrière eux.

Les feux brûlèrent pendant des semaines créant une colonne de flammes visible à plusieurs centaines de kilomètres de distance. Un vortex de poussières et de débris se forma au-dessus de la Tunguska qui sera entraîné dans la circulation générale de l’atmosphère autour du globe. Durant les jours et les mois qui suivirent les habitants de Sibérie observèrent des étoiles filantes par dizaines de milliers suite à la désintégration du météoroïde. Le ciel encrassé de fumées s’illumina de rouge pendant la nuit. Pendant plus de deux mois le ciel s’embrasa de halos qui s’étendirent à travers tout le continent. En Europe les gens voyaient clairement la nuit tellement le ciel était devenu lumineux.


Les effets atmosphériques du cataclysme de Tunguska
Tracé de l’évolution du halo atmosphérique rougeâtre apparu dans le ciel européen
entre le 30 juin et le 1er Juillet 1908
Photographie / I. T. Zotkin

Le « London Times » (sortit quelques jours après l’incident) cite la lettre d’un lecteur de Brancaster qui se rappelle les faits :

« Monsieur, frappé par l’inhabituelle brillance du ciel, le groupe de golfeurs resta ici sur le terrain jusqu’à 11 heures du soir afin d’observer le phénomène de façon ininterrompue. En regardant du côté nord de la mer, le ciel avait l’apparence d’un couché de Soleil mourant d’une exquise beauté. Non seulement il persista mais il grandit et s’intensifia jusqu’à 2h30 du matin lorsque des nuages cachèrent les splendides couleurs. A 1h15 du matin la clarté du ciel était si forte que je pouvais confortablement lire un livre depuis ma chambre. A 1h45 le ciel entier, du côté Nord et N.E, était délicatement rose saumon tandis que les oiseaux commençaient leurs chants matinaux. Il ne fait aucun doute que d’autres ont remarqué ce phénomène, mais étant donné que Brancaster occupe une place unique en face de la mer du Nord, nous sommes restés sur place pour avoir la meilleure vue possible du phénomène ».
Après cet événement, les Tungus crurent que la région était enchantée et que seul Agdy pouvait vivre à l’endroit de la catastrophe. Ils pensaient lui avoir désobéit… On le serait pour moins ! Dès 1910, un marchant russe nommé Susdalev profita de la crédulité des Tungus pour s’assurer la main mise sur leur territoire et s’empressa de déclarer leur terre sacrée. Durant vingt ans aucun Tungus n’osa s’aventurer dans la région.

http://www.atarn.org/images/image_misc_10.JPG
Cliquez ici pour voir une représentation du peuple Tungus / 1880
Photographie / Asian Traditional Archery Research Network



Petite Fille Tungus de la Taïga Sibérienne / 1992
Photographie / Peter Katzmarzyk



Totem Tungus situé à quelques dizaines de kilomètres de l’épicentre / 1998
Photographie / CCN et TH-BO

Entre 1912 et 1914 l’ethnologue et géographe Russe Innokentiy Mikhaylovich qui travaillait pour la Puissance Soviétique dans le Grand Nord du pays ainsi que dans la région de la Tunguska entendit les premiers récits des Tungus à propos de cet événement. Il n’y avait pas un habitant parmi les dix clans d’Illimpiya (Tunguska inférieure) qui n’avait pas entendu parlé de la façon dont le shaman Magankan avait puni les esprits qui refusaient de se soumettre à son Khargi (l’esprit malin qui l’habitait et lui donnait ses instructions). Mais que s’était-il donc passé ? Quel événement avait ainsi pu laisser des traces à la surface de la Terre durant des décennies ?


Près d’un siècle après l’impact on trouve encore à quelques dizaines de kilomètres de l’épicentre
des arbres éclatés, brûlés, décapités ou déracinés
Site de Tunguska / 1990
Photographie / CCN et TH-BO

Des expéditions pour une réponse.

« Par son ampleur, certains voyaient dans ce cataclysme l’explosion d’un vaisseau spatial nucléaire »
Dixit Kozo Kowai – Directeur du Southworth Planetarium (Groupe UFOlogique Japonais / Sakura)
D’autres imaginaient que nous avions assisté à une explosion atomique (Alexander Kazantsev, 1946), à un tremblement de terre (A. Yu Ol’khovatov), à l’annihilation d’un bloc d’antimatière (Cowan et Libby), à la collision avec un mini trou noir ou à l’interaction de mono-pôles magnétiques (B. U. Rodionov)… Sans données scientifiques concrètes, les spéculations étaient sans fondements et les soi-disant savants donnaient libre cours à leur imagination et leurs passions ! Quelle était la véritable explication ?

Pour en savoir d’avantage il fallait prospecter le site et y prélever des échantillons. Mais il y eu bientôt la guerre (1914) suivie de la révolution (1917). Socialement et intellectuellement la Russie était déstabilisée, appauvrie et avait d’autres préoccupations si bien que la Tunguska retomba dans les coulisses du temps. Etant donné qu’aucun étranger ne pouvait entrer sur le territoire soviétique durant des décennies les analysesin situ ont été effectuées par des chercheurs envoyés par l’Académie des Sciences soviétique.

Pendant 19 ans le site ne fut pas prospecté. La principale raison est liée au fait que les scientifiques étaient réticents à se rendre dans une région isolée, remplie de tourbière, marécageuse et réputée pour ses moustiques de surcroît, donc assez inhospitalière et d’accès difficile.

Depuis, plus de 40 expéditions scientifiques ont été organisées vers le site. Tout commença réellement en Mars 1927 lorsque le père de la science météoritique russe, le géologue russe Leonid A. Kulik découvrit et explora la région de l’épicentre en compagnie d’un guide nommé Il’ya Potapovich dont le frère était à Tunguska au moment des événements.


Le géologue russe Leonid A. Kulik (à droite) et son guide Il’ya Potapovich (à gauche)
Site de Tunguska / Expédition Kulik Mars 1927
Photographie / N. A. Strukov – Publication 1928



Un campement de l’expédition Kulik
Site de Tunguska / Expédition Kulik Mars 1927
Photographie / N. A. Strukov – Publication 1928



Kulik réalisant des relevés dans la zone de l’épicentre
Site de Tunguska / Expédition Kulik Mars 1927
Photographie / N. A. Strukov – Publication 1928

Kulik et son guide découvrirent un panorama cataclysmique, des arbres abattus par milliers, leur donnant l’impression qu’un immense feu s’était simultanément déclenché dans toute la région. Kulik écrivit à ce propos dans son journal :

« c’était en ruine aussi loin que mon regard puisse porter, et si cela avait été St. Petersburg ?… ».


« …et si cela avait été St. Petersburg ? »
Site de Tunguska / Expédition de 1927
Photographie / N. A. Strukov – Publication 1928

De fait, St. Petersbourg se situe à la même latitude de Tunguska. Kulik rappela que si l’événement s’était produit quelques heures plus tard et si la Terre avait tourné de quelques heures, toute la ville aurait été soufflée. Si le bolide avait explosé au centre de la Belgique, tous ses habitants auraient périt; s’il avait explosé au-dessus de Londres, la ville aurait été soufflée jusqu’au Sud de Manchester ou à l’Est de Bristol et s’il avait explosé au-dessus de New York, Philadelphia y aurait échappé de justesse (les vitres des habitations auraient été fracassées), ainsi que New Haven et Boston. Mais tout le centre de la capitale aurait été anéantit instantanément…

Familier des cratères d’impacts Kulik rechercha des années durant la météorite à l’origine probable de ce cataclysme, mais en vain. Il ne trouva que des trous formés naturellement dans les tourbières.

Des dizaines de témoignages que Kulik et son guide récoltèrent ils ne purent en sortir un récit cohérent : presque la moitié des témoins oculaires disaient avoir vu l’objet se diriger vers le Nord, alors que les autres prétendaient qu’il s’était dirigé vers le nord ou vers l’ouest. Malgré ces données confuses, Kulik était persuadé qu’une météorite avait provoqué cet enfer.

Kulik mourut en 1942 comme prisonnier de guerre. Après l’interruption forcée de la Seconde guerre mondiale, les expéditions reprirent en 1958. L’année suivante l’Université de Tomsk s’y joignit sous la direction de Gennadiy Plekhanov, directeur de l’Institut scientifique de recherche en Biologie et Biophysique. A la même époque l’hypothèse de l’explosion atomique d’Alexander Kazantsev fut publiée dans un livre populaire intitulé « Les invités de l’Espace » dans lequel il évoqua la possibilité de mesurer la radioactivité sur le site. De jeunes scientifiques Sibériens voulurent savoir si cette hypothèse était exacte et questionnèrent le spécialiste des radiations ionisantes, le Pr. Victor Zhuravlyov de l’Université de Tomsk. A l’époque les scientifiques pensaient que l’énigme de la Tunguska serait résolue en un an ou deux.

En 1959 et 1960 Gennady Plekhanov organisa deux expéditions vers le site à la recherche de preuves d’une contamination radioactive, en vain :

« nous réalisons que la situation est de loin plus compliquée que nous l’avions pensé »

devait-il conclure quelque peu frustré à son retour de mission. Depuis cette date chaque été les scientifiques Russes se rendirent à Tunguska pour collecter d’autres données.

A partir de 1963 le dirigeant de l’Académie des Sciences russe Nikolai Vasiliev coordonna quelque 29 expéditions scientifiques dans la région de Tunguska. Ce n’est qu’en 1989 que les scientifiques étrangers furent officiellement invités à se joindre aux expéditions russes. Le professeur Roy A. Gallant fut le premier scientifique américain à se joindre à ces expéditions. Il sera rejoint par des chercheurs Russes, Allemands, Japonais, Anglais et Italiens.

Pour tenter de résoudre cette énigme, dans les années ’90 un groupe de chercheurs rassemblés autour de Nikolai Vasiliev, ont tenté de protéger le site sous le patronage de l’UNESCO car un tel événement, rarissime dans l’histoire des Hommes, ne concernait pas seulement la population Russe mais le monde entier.

La protection sollicitée pour une durée de 20 ans n’a jamais reçu d’écho favorable. Toutefois, la communauté scientifique s’est mobilisée, et même si nous ne sommes pas encore parvenu à étudier les 4000 km² défrichés par cet impact, le travail conjoint de chercheurs nous permet aujourd’hui d’avoir une idée beaucoup plus clair du phénomène sans pour autant dénouer ce nœud gordien qui reste pour tout paradoxal et rempli de contradictions.
Les observations des témoins oculaires…

Selon les études du Dr A. E. Zlobin et la compilation des témoignages 709 témoins oculaires, les habitants d’Irkoutsk ont vu une boule de feu rentrer dans l’atmosphère sous un angle de 5 à 17° au-dessus de l’horizon à une vitesse de l’ordre de 10000 km/h. L’objet fit un épouvantable bruit d’étincelles durant plusieurs minutes (bruit électrodynamique) et traîna derrière lui une longue fumée sombre sur 800 km.

L’angle d’inclinaison de la trajectoire variait tout au long du vol atmosphérique et n’a jamais été constant, y compris l’angle d’azimut comme nous allons le voir. D’autres auteurs s’alignent sur les chiffres de Roy A. Gallant, directeur du Planétarium de Southworth qui adopte un angle d’entrée de 30 à 35° et un angle d’azimut de 115°.
Aspect de l’objet en vol.

En se basant sur les récits des témoins oculaires, des effets produits par l’objet et des modélisations informatiques, on estime aujourd’hui que le météoroïde avait une dimension comprise entre 50 et 100 m de diamètre et devait peser 100000 tonnes. La quasi-totalité de l’objet s’est volatilisé en explosant dans les basses couches, laissant peu de chance aux géologues de trouver la météorite si ce n’est quelques sphérules, signature qu’il y eu un dégagement à haute température. L’essentiel de la matière s’est en fait converti en énergie, révélant avec quelques années d’avance la célèbre équation d’équivalence d’Einstein, E = mc².


Reconstitution de l‘événement cataclysmique survenu le 30 juin 1908
Noter le très faible angle d’entrée estimé entre 5 et 17° alors qu’il est en général de 45°
Un témoin rapporte la présence d’une queue ionique invisible sur ce dessin
Photographie / A. Yu Ol’khovatov – ORC



Dessin montrant l’objet incurvant sa trajectoire juste au-dessus de la rivière Lena
et disparaissant derrière les rochers de Cimbaly
Il est descendu sous les 4000m d’altitude et va bientôt exploser
Notez la queue de plasma bleutée orientée sur le côté
Photographie / Luxorion

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Cette longue description du cataclysme de Tunguska est certes un peu excentrée si l’on considère le sujet qui nous intéresse mais elle était nécessaire ! Tout d’abord pour que ceux qui n’ont pas connaissance de l’événement de 1908 dans ses détails… mais aussi parce que certains points de cette analyse permettront d’expliquer le comportement si spécifique de l’huile noire de Tunguska.
L’origine martienne de la roche de Tunguska ne fait plus aucun doute depuis que le Dr Sacks a découvert que sa composition était similaire à celle de la météorite ALH84001 découverte en Antarctique. Par ailleurs, le Dr Sacks a détecter dans la roche de Tunguska des traces d’hydrocarbures polycycliques… Le même type d’hydrocarbures que l’on a découverts dans la météorite ALH84001.


Dr Sacks / Département d’Exobiologie de la NASA
Photographie / Épisode 4X09 : Tunguska

Au cours de l’année 1907, Mars a probablement été bombardée par un ou plusieurs astres (sort que par ailleurs toutes les planètes du système solaire ont partagé à un moment ou à un autre de leur histoire)…


La météorite d’Allan Hills (ALH84001) originaire de Mars
Découverte en 1993 dans les glaces Antarctique où elle est tombée, il y a 13000 ans
Photographie / Luxorion

La violence du cataclysme a projeté dans l’espace de nombreux morceaux de la surface martienne dont certains renfermaient de l’huile noire… Un de ces morceaux a navigué en direction de la Terre durant une année… pris dans son champ gravitationnel ce météoroïde (devenant bolide) sera à l’origine du cataclysme de Tunguska.

Ce cataclysme, par sa violence provoquera la « stérilité » de l’huile noire originaire de Mars !

L’objet en question ne s’écrasera pas sur Terre mais explosera en altitude (airburst) avec pour conséquence tout ce qui a été rapporté plus haut… Selon la version officielle, l’explosion a dispersé l’objet en plusieurs fragments qui explosèrent isolément et se vaporisèrent. Si ces débris n’ont jamais été découverts lors des diverses expéditions menées entre 1908 et 1990, doit-on pour autant rejeter leur existence ?!

Les 4000 Km² de la zone ravagée ont accueilli les débris du bolide… Ces débris ont finalement été découverts à une date indéterminée (sans doute vers 1989) par une équipe de géologues russes mandatés par le gouvernement pour prospecter la Tunguska.


Le prisonnier (ex-géologue)
Selon lui, le Goulag de Tunguska est « un endroit ou les coupables enferment les innocents ! »
Photographie / Épisode 4X10 : Terma


« I was a geologist….quite well known actually… but now I am just a test subject […] I was there when they brought up the first fragments. This was before the mining….before we knew what lived in Tunguska Rock… »

Dixit Le Prisonnier – Épisode 4X10 : Terma
Cette équipe découvrira que cette roche est porteuse d’une vie extraterrestre. Une forme de vie bien plus agressive qui les fossiles (d’huile noire morte) retrouvée au cœur de la météorite ALH84001. De crainte que les géologues ne révèlent cette stupéfiante découverte, ces derniers seront emprisonnés dans le goulag situé à proximité du site où étaient menées les fouilles…


Les microfossiles d’une forme de vie extraterrestre
Découverts en 1996 au cœur de la météorite ALH84001
Photographie / David S. McKay / NASA / LPI

Dès lors, va débuter une nouvelle guerre froide ! Les russes (à l’instar des rebelles) vont tenter de faire exploser le pacte qui unit le Consortium aux Colonisateurs. Pacte dont les Russes connaissent les termes grâces aux agents infiltrés au cœur de la conspiration (Alex Krycek & Marita Covarrubias)… [Cf. les synopsis de l’épisode (écrit mais non réalisé) dédié à Krycek]

 

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